• Agathe LOCHELONGUE

Les pleurs de bébé...

Mis à jour : juin 11

En venant au monde, bébé entre dans un univers qu'il ne connait pas, et dans lequel il va devoir chercher à se rassurer, se réconforter et affronter tout un tas de stimulus… Son cerveau, encore immature, va tout au long de sa première année se connecter à son environnement et créer un réseau de synapses responsables de la transmission de l’information nerveuse qu'il perçoit et reçoit.

Pleurer est naturel et adapté aux différentes situations. Et pour bébé c’est son mode de communication le plus efficace pour se faire entendre.  Il émettra au moins 6 sons différents pour exprimer - sa douleur, sa faim, des " coliques ", son ennui, son inconfort et les "décharges" de fin de journée. Et très vite, vous aller reconnaître et distinguer ces différentes informations, ainsi que ses pleurs parmi ceux de ses petits copains. C’est instinctif !


En consultation, la question des pleurs est souvent abordée. Je vous explique que chaque enfant est différent et que chaque parent aussi. Vous agissez avec vos ressources, vos ressentis, faites comme vous pouvez - et votre simple présence à ses cotés est primordiale. Car lorsqu’un enfant pleure, tout son corps s’agite, se raidi, s’excite sous une " tempête " d’émotions et d’informations qui ne peut/sait gérer seul. Après avoir contrôlé ce qui est dit " de survie " - n'est pas la raison de ses pleurs  – c’est à dire, la faim, la soif, la douleur, le sommeil, une couche sale - votre tout-petit est peut-être simplement en train d'exprimer le besoin d’être pris dans vos bras, d’être rassuré, réconforté, rechargé en " nourriture affective ".


Pleurer aide l’enfant à se décharger des émotions, des toxines du stress et de la quantité d’informations qu’il a reçu tout au long de sa journée. Pleurer l'aide à réorganiser ses apprentissages. Attention je ne suis pas en train de dire qu'il faut laisser pleurer votre enfant, mais plutôt l'aider à pleurer, le prendre dans vos bras, lui montre que vous êtes là pour lui, que vous pouvez le réconforter et qu'il peut alors s'exprimer en toute sécurité.

Il est aussi fréquent qu’un enfant pleure le soir quand ses parents le retrouvent après une journée de garde, au moment d’aller se coucher, à la tombée de la nuit, voire qu’il lutte pour s’endormir. Car vous parents, vous êtes tout simplement sa "figure d’attachement" qui le rassure, avec qui il peut " lâcher " en tout sécurité, en qui il a confiance et qui "tient" quand lui ne peut plus. Ces pleurs peuvent aussi arriver suite à un stress émotionnel lié à une séparation, une dispute, une peur, un cauchemar… et là encore, votre simple présence, vos bras, votre voix seront les mieux placés pour le rassurer et l'apaiser.


Mais parfois ces pleurs viennent nous heurter, nous adulte, à nous rendre " complètement fous " - surtout après une journée de travail et après nous être entendu dire " qu’il avait passé une bonne journée ! ". C'est comme s'ils venaient réveiller un sentiment de détresse, d'impuissance, d'incompréhension chez nous. Cette réaction est plutôt juste, elle peut nous renvoyer à quelque chose d’archaïque, un vécu, une émotion refoulée, qui nous a submergé petit, car nous aussi avons été bébé... 

En somme pleurer est un moyen d’expression pour le corps qu’il est bon de laisser faire, et à tout âge. Consoler un enfant, c’est lui accorder de l’attention à ce qu’il vit, ce qu'il ressent. C’est aussi l’aider à grandir, à prendre confiance en lui et à avoir une meilleure image de lui

.

Pleurer fait parti du développement de l’enfant et avec le temps, il saura de mieux en mieux exprimer ce qu'il ressent.

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